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LES TAPIS À INSCRIPTIONS ARMÉNIENNES

Dickran Kouymjian

            Les quarante-cinq tapis de la collection Arthur T. Gregorian, constituant la partie maîtresse de cette exposition, sont dénommés «arméniens» car, malgré des motifs, des textures et des foyers de création variés, ils portent tous des inscriptions arméniennes.  Or, ce type de tapis à inscriptions soulève de vives controverses parmi un certain nombre de spécialistes sur la question suivante : ont-ils été réellement fabriqués par des Arméniens, même si on y trouve des inscriptions arméniennes?

            Dans History of Oriental Carpets before 1800, publié à Vienne en 1908, le Suédois F. R. Martin parla en détail des tapis typiquement arméniens et il attribua en particulier aux Arméniens les anciennes et célèbres variétés dites à dragons.  Dans ce même ouvrage, il publia pour la première fois un tapis d'une rare beauté (fig. 31), connu sous le nom de Gohar et ayant une longue inscription arménienne datée[1].  Certaines décorations de ce chef-d'œuvre rappellent les motifs trouvés dans les tapis à dragons; c'est ce qui incita Martin à assigner ces derniers aux Arméniens. 

            Arthur Udham Pope[2], l'auteur du volumineux Survey of Persian Art, et d'autres experts[3], rejetèrent cette attribution.  Quant à Armenag Sakisian, il contesta dans plusieurs articles l'assertion de Pope[4].  Celui-ci dit que le seul fait de trouver une inscription arménienne sur un tapis ne prouve pas qu'il est de fabrication arménienne.  Il pense que les Arméniens, venant d'un milieu bourgeois, n'étaient pas des artisans mais des marchands de tapis.  Selon Pope et ses adeptes, les Arméniens commandèrent simplement des tapis, demandant l'inclusion d'une dédicace dans leur langue.  Malgré l'abondance des arguments allant à l'encontre de cette théorie, un grand nombre de professionnels y adhèrent, les Turcs et les Azerbaidjanais étant, pour d'évidentes raisons, les plus tenaces[5].

            L'intérêt porté depuis les années 60 au tapis caucasien, a rallumé la polémique sur les tapis arméniens.  Les collectionneurs, souvent des marchands comme Arthur Gregorian, commencèrent à s'intéresser aux tapis à inscriptions.  La création, aux Etats-Unis dans les années 70, de l'Association des tapis arméniens (Armenian Rugs Society), permet l'échange de renseignements.  Cette activité déboucha en premier lieu sur des expositions de la collection Gregorian puis sur celle intitulée «Tisseurs, marchands, et rois : les tapis à inscription arméniens» présentée dans cinq musées en 1985-86[6].

            Les inscriptions varient.  Les plus courtes ont seulement des initiales ou des noms ou encore simplement quatre chiffres pour la date.  Les plus longues peuvent être de quelques lignes.  Certaines sont très précises (fig. 91) et suggèrent une fabrication faite par un atelier ou un artisan professionnel.  Mais la majorité d'entre elles manquent de clarté : elles sont difficiles à lire et pleines de fautes d'orthographe.  Sur les quarante-cinq tapis de l'exposition, seuls trois sont sans date (fig. 48, 63, 77); sur les cent quatre illustrés dans le catalogue Armenian Rugs from the Gregorian Collection, dix n'ont pas de date précise.  En général, on peut dire que 90 % des quelque cent soixante-dix tapis arméniens à inscriptions, publiés dans des catalogues ou des études, possèdent une date exacte.[7]  Leur importance, afin d'établir une chronologie relative à l'évolution des motifs et à la technique de fabrication, est evidente[8].

            Les Arméniens gardèrent l'ancienne tradition qui leur était propre de préciser la date et les circonstances de la création d'un manuscrit ou de n'importe quelle œuvre d'art.  Des milliers de mémoriaux ou colophons sont préservés dans des manuscrits ainsi que sur des objets en métal, en bois, en céramique ou sur des textiles.  Cette tradition fut beaucoup plus strictement suivie par les Arméniens que par tout autre peuple  de l'Orient.  Il n'est donc pas étonnant de trouver une telle quantité de tapis arméniens à inscriptions.

            La plupart de ces tapis portent également un nom de personne; après la date, c'est le renseignement le plus fréquent.  En prenant la même référence de cent soixante-dix tapis, quarante et un portent un nom masculin, douze d'entre eux étant des prénoms (exemples dans l'exposition : fig. 56, 59, 73), vingt-cinq des noms et prénoms (exemples : fig. 60-1, 67, 69, 90-1), et quatre des noms féminins et masculins; trente-cinq portent des noms féminins, dont vingt et un sont des prénoms (exemples : fig. 48, 50-1, 78) et dix des noms et prénoms.  Il y en a sept où seul est cité le nom de famille (exemples : 86-88).  trente-sept pièces ont une légende sans aucun nom;.vingt-six n'ont que des initiales (exemples : fig. 53, 63, 68, 70, 75-6, 81, 84); et dix-sept, au moins, sont si difficiles à lire qu'il est impossible de dire s'il y a un nom ou pas (fig. 52, 55, 66, 79).

            Il est plus que probable que la plupart des tapis ne portant qu'un prénom furent exécutés par la personne mentionnée[9] ou à son intention par un membre de sa famille; environ trente-cinq des cent soixante-dix tapis tombent dans cette catégorie.  On peut penser qu'il en est de même pour les vingt-six tapis n'ayant que des initiales.

            En outre, certaines inscriptions précisent bien que le tapis fut fabriqué par telle ou telle personne.[10]  C'est le cas du tapis de Kirakos, portant la date la plus ancienne, 1202 selon Kurdian, mais plus probablement du XVIIe siècle[11], ainsi que du célèbre tapis dit de «Gohar» de 1700 (fig. 31), souvent publié, où l'on note l'inscription suivante : «Moi, Gouhar, pleine de péchés (et) faible d'âme, avec mes mains malhabiles, ai fait (ce tapis).  Celui qui lira (ceci) aura pitié de moi.  En l'an1149 (=1700)».[12]   On trouve, au moins, deux exemplaires publiés du type «tapis d'orphelinat», confectionnés par des jeunes filles rescapées des massacres de 1894-96.  L'un n'est pas daté mais il fut certainement fabriqué entre 1895 et 1900 par des orphelines gardées par les missionnaires américaines du Central Turkey College d'Aintab (maintenant Gaziantep)[13], l'autre date de 1898 et il provient de l'orphelinat américain d'Agin (Akn)[14].  Un tapis de 1901, de la collection Kurdian, est cité comme étant le travail d'une certaine Ekatériné, mais l'inscription n'est pas claire.[15].  Quatre autres tapis offrent des précisions plus concrètes.  Le premier a une très longue inscription donnant non seulement la date du début du travail (11 août 1901) et de sa fin (10 juin 1904), mais aussi des renseignements précieux sur les artisans (les femmes Nevard Karapétian de Sassoun, Zarouhi Pétrossian et Mariam Hakobian), sur le maître-cartonnier qui créa le dessin (Artashès Hakobkhan Sult'anian), sur l'atelier et le lieu (chez Karapet Karapétian, dans le quartier Tedripe d'Alep)[16].  Un tapis de type Féridoun à dessins Afchar de la collection Gregorian (fig. 90) porte l'inscription : «T'adéos Davit' P'anosian a fait ce tapis en 1902, le 10 juin»[17].  Une pièce de 1903 nomme l'artisan Arhan Zak'arian[18].  Sur un autre exemplaire de la collection Gregorian, probablement exécuté à Van, on peut lire : «Ce djedjim a été fait en 1905 (par?) Ch. A. et NM. B.»[19].  Un tapis de 1919 de la région de Hamadan a été fabriqué par «l'obéissante Nevart'»[20].

            Le tapis de 1904, fait à Alep, nous mène à penser à un autre de 1888 se trouvant dans la collection Gregorian, un turcoman traditionnel du Turkestan avec un dessin «salor» (fig. 91), mais portant une inscription parfaite en arménien.  Murray Eiland l'a choisi comme étant l'exemple d'un tapis commandé par un Arménien mais fabriqué par un Türkmène[21].  Or, si Karapet Karapétian d'Alep, en collaboration d'un autre Arménien qui conçut le carton, put reproduire parfaitement un tapis Indo-Hérat, il aurait pu, tout aussi bien, fabriquer un tapis turcoman.

            Les inscriptions sont également un moyen de commémorer un événement, par exemple un mariage en 1873[22], ou la cérémonie marquant une donation ou une offrande.  Il s'agit plus souvent d'un don pieux à un haut dignitaire du clergé, comme le catholicos mentionné dans le tapis de 1731, ou à une église, ainsi que le rappelle le tapis de 1592 (une copie moderne fait dans les années trente en Bulgarie), offert à l'église Saint-Etienne (Step'an) le proto-martyr, en Iran[23], ou à celle du village de Bolouran près d'Isfahan en 1888[24], ou à l'«Eglise-Mère» en 1904[25], ou encore au monastère Saint-Jean-Baptiste (Sourb Karapet) de Mouch en 1905[26].

            Deux autre tapis publiés, à inscriptions et datés d'avant 1800, méritent également notre attention.  L'un de 1731, de Jérusalem, mentionne le nom de Nersès, catholicos d'Aghouanie, mais ne parle pas de sa fabrication.[27]  L'autre, dans la collection de Saint-Etchmiadzine en Arménie, porte une inscription très mal faite à chiffres occidentaux dont le deuxième est difficile à comprendre -- 1X61.  Mania Khazarian l'a lu 1661 à deux reprises[28].   Le décor principal est connu sous le nom de «Memling Gül», d'après un tableau de ce peintre flamand du XVe siècle où on remarque un tapis ayant les mêmes motifs.  Il est cependant difficile de croire que celui d'Etchmiadzine est une pièce du XVIIe siècle.  Six exemplaires datés de ce même type me sont connus, il sont tous de la fin du XIXe ou du XXe siècle, et trois d'entre eux se trouvent dans la collection Gregorian : fig. 60 de 1888, fig. 79 de 1927, et fig. 80 de 1900.[29].  En outre, la formule de datation utilise non seulement des chiffres à la place des lettres de l'alphabet arménien traditionnellement employées dans les inscriptions anciennes, mais emploie également le mot «ami» au lieu de «t'vin» pour l'expression «dans l'année».  Jusqu'au XIXe siècle, on trouve presque toujours l'expression t'vin et les chiffres rendus en lettres; c'est le cas des trois tapis dont on a déjà parlé : ceux de 1202 (?), de 1700 dit «de Gohar» (fig. 31), et de 1731.  Une lecture de 1861 pour ce tapis d'Etchmiadzine est donc plus probable.

            Il est intéressant de noter l'utilisation de ces deux mots pour indiquer une date : t'vin un datif/locatif de t'iv, «nombre», et ami, datif/locatif de am, «année».  Les trois plus anciens tapis emploient la formule traditionnelle, t'vin.[30], mais plus tard, pendant presque deux siècles, ce mot est abandonné et, à sa place, on trouve ami, cette fois accompagné de chiffres occidentaux.[31]  C'est seulement en 1888 qu'on retrouve t'vin sur un tapis, puis de nouveau en 1895 et 1899, c'est-à-dire, seulement trois fois durant toute la période allant de 1731 à 1900.  Or, ami est en usage pendant tout ce XIXe siècle : neuf fois de 1800 à 1879 (fig.59 de 1858)[32], et dix-neuf fois jusqu'à la fin du siècle (par exemple, fig. 58, 62, 64, 65, 71, 82, 85, 91).  Cette habitude ne cesse définitivement qu'avec la première guerre mondiale; on connaît dix-neuf tapis ayant ami, de 1900 à 1913 (par exemple, fig. 75-6, 80).  C'est t'vin qui revient à la mode après la fin du siècle.  Ceci est peut-être dû à l'essor de l'éducation parmi la population qui commença à s'intéresser aux formes traditionnelles des anciennes inscriptions.  On recense quarante-sept tapis datés à l'aide de t'vin, entre 1900 et 1938 (par exemple, fig. 52-3, 56-7, 67-70, 73-4, 78, 84), dont vingt-huit de 1914 ou après.  Or, il n'y en a qu'un seul avec ami.[33].

            Cette masse de données sur la fabrication des tapis arméniens ne représente que la partie facilement accessible.  Beaucoup plus de pièces à inscriptions trouvées dans les collections publiques et privées restent jusqu'à maintenant inédites.  Cependant, nous avons déjà observé une tradition remontant au XVIe siècle, peut-être même au XIIIe.  Ces tapis à inscriptions renforcent les notions venant des sources arabes du haut moyen-âge sur leur production en Arménie et sur leur renommée.  La variété des couleurs, dessins et techniques atteste l'étendue de la maîtrise arménienne.  Ce n'est, toutefois, que depuis deux décennies que les experts et les collectionneurs commencent à découvrir qu'il existe des tapis arméniens.

            Cette abondance de tapis à inscriptions enrichira notre connaissance de plusieurs manières.  Nous aurons ainsi la possibilité de reclasser des centaines de tapis comme étant arméniens en les comparant avec ceux qui furent identifiés grâce à une inscription.  Murray Eiland remarque justement que c'est uniquement dans le cas des tapis arméniens que certains experts exigent la preuve irréfutable d'une inscription afin de les identifier[34].

            Les arguments lancés notamment par Pope, il y a  plus de soixante ans, consistant à dire que les inscriptions arméniennes des tapis avaient été faites pour des Arméniens mais non par eux ont malheureusement encore quelques adeptes.  N'est-il cependant pas clair que les tapis signés uniquement d'initiales arméniennes -- représentant environ un quart des tapis à inscriptions -- furent fabriqués dans la famille même du propriétaire de ce tapis?  Quant aux nombreux tapis mal datés (avec un chiffre en plus ou en moins) et parsemés de fautes d'orthographe, ils témoignent davantage de la création artisanale au sein des foyers villageois que du travail exécuté sur commande dans un atelier professionnel.

            Cette exposition de tapis à inscriptions arméniennes, en liaison avec celles qui furent présentées lors des dix dernières années, doit mettre définitivement fin à cette polémique : les Arméniens ont-il, oui ou non, exécuté ces tapis?  A l'avenir, les chercheurs devront, en premier lieu, concentrer leurs efforts sur l'étude comparative des tapis caucasiens et anatoliens sans inscriptions ayant toutefois des traits communs avec ceux qui en ont.  La systématisation de toutes les nouvelles données bouleversera certainement les appellations et les méthodes utilisées actuellement non seulement par les savants mais aussi par les marchands et collectionneurs pour nommer, classifier et répertorier les tapis.  Les spécialistes, quant à eux, devront appliquer ces mêmes procédés comparatifs à la période précédant le XIXe siècle où très peu d'inscriptions existent.  Les éléments iconographiques, stylistiques et textuels devront être réexaminés afin de trouver des liens précis entre les tapis arméniens anciens sans inscriptions -- les fameux tapis à dragons[35], par exemple -- et ceux présentés dans cette exposition ou ailleurs, qui ont une origine arménienne évidente et qui ont fait l'objet d'une discussion plus haut.

            Les Arméniens ont, comme il a déjà été dit dans ce volume, une tradition millénaire dans la création des tapis et des textiles.  Les massacres de la fin du XIXe siècle et le génocide de 1915 ne vidèrent pas seulement les anciens territoires arméniens de leur population indigène, mais perturbèrent également la mémoire collective d'une nation en suspendant irrévocablement, par exemple, la transmission d'un métier, tel que celui de la fabrication des tapis, d'une génération à l'autre.  Les rescapés perdirent tous leurs biens, dont leurs tapis et leurs métiers à tisser puisqu'il était difficile de les transporter.  Dans une diaspora lointaine et urbaine ou dans une nouvelle Arménie soviétique, les traditions artisanales furent en grande partie oubliées ou industrialisées.  Ce n'est qu'aujourd'hui que les Arméniens, moins inhibés, commencent à se réclamer de leurs traditions.  Cette exposition présente, nous l'espérons, le bilan du progrès accompli dans la reconquête d'un passé créateur.

Dickran Kouymjian

Professeur d'arménien
INALCO (Institut national des langues et civilisations orientales)
Paris

et

Haig and Isabel Berberian Professor of Armenian Studies
California State University, Fresno


[1] Ce tapis est dans une collection privée.  Il fut exposé aux Etats-Unis de 1984 à 1986 faisant partie de l'exposition itinérante "Weavers, Merchants and Kings: The Inscribed Rugs of Armenia"; voir le catalogue, portant le même titre, de Lucy Der Manuelian et Murray L. Eiland, Fort Worth: Kimbell Art Museum, 1984, n° 3, p. 72-3 et la couverture.

[2] A. U. Pope, "The Myth of the Armenian Dragon Carpets", Jahrbuch der asiatischen Kunst, II, Leipzig (1926), p.147-158.

[3] H. Jacoby, Eine Sammlung orientalischer Teppiche, Berlin, 1923.

[4] A. Sakisian, "Les tapis à dragons et leur origine arménienne", Syria, vol. 9 (1928), p.238-256; "Nouveaux documents sur les tapis arméniens", Syria, vol. 17 (1936), p.177-184; "Les tapis arméniens depuis le moyen âge jusqu'à nos jours", Pages d'art arménien, Paris, 1940, p.23-39.

[5] Voir, par exemple, Serare Yetkin, Early Caucasian Carpets in Turkey, 2 vol., Londres, 1978.

[6]  Weavers, Merchants and Kings: The Inscribed Rugs of Armenia, déjà cité dans la note n° 3.  Le Kimbell Art Museum de Fort Worth, Texas, fut l'organisateur de cette exposition avec la collaboration de l'«Armenian Rugs Society».  Arthur Gregorian présenta une série d'expositions dans les universités de la côte est des Etats-Unis, dès 1974.   Il publia pour chacune d'entre elles un catalogue The Gregorian Collection, 1974-76; The Gregorian Collection of Armenian Rugs, 1979; et avec Joyce Gregorian Hampshire, Armenian Rugs from the Gregorian Collection, Needham, MA, 1987, un catalogue de cent quatre tapis à inscriptions arméniennes, tous reproduits en couleurs.

[7]  Mis à part les tapis à inscriptions figurant dans Armenian Rugs from the Gregorian Collection, il y en a cinquante-trois de plus, dont neuf sans date, dans Weavers, Merchants and Kings; onze tous datés sont illustrés dans la brochure Symposium. Genève 1988 : le tapis arménien de l'«Armenian Rugs Society»; en outre, il y a le tapis daté, probablement par erreur, de 1202, discuté plus loin, et celui de 1731 se trouvant dans la collection du Patriarcat arménien de Jérusalem et publié par H. Kurdian, voir note 11.  Je n'ai pas pris en compte les trente-quatre tapis à inscriptions, dont trente-deux datés, du livre de Manya Ghazarian, Armenian Carpet, Haykakan Gorg, Los Angeles, 1988.

[8]  Bien sûr, beaucoup plus de tapis arméniens à inscriptions sont encore inédits.

[9] On peut remarquer que des hommes fabriquèrent aussi des tapis, par exemple, un certain T'adéos Davit' P'anosian, voir fig. 90, tapis de 1902 de la collection Gregorian.

[10] Quant au tapis de la collection Harold Bedoukian, daté de 1879, il ne porte pas le mot "fait" comme l'indique par erreur le catalogue Weavers, Merchants and Kings

[11]  H. Kurdian lit l'inscription de la manière suivante : «Kirakos le philologue (sic) donna ce tapis comme souvenir à Dame Hripsimé en 651 de l'ère arménienne(=1202); je l'ai fabriqué», Le tapis chez les Arméniens (en arménien), Venise, Saint-Lazare, 1947, p.64; il commente toutes les études ayant été faites antérieurement sur ce tapis, reproduit dans fig. 2; on trouve une bonne photographie en couleurs dans Hali, vol. 5, no.3 (1983), p.386, mais aussi en noir et blanc dans Weavers, Merchants & Kings, p. 56, avec une discussion par M. Eiland.  La date-formule est loin d'être claire.  Kurdian a repoussé la suggestion de lire 1602, ce qui est, en fait, possible.  Il admet, cependant, la possibilité que l'inscription ait été copiée d'un tapis ancien.  Les mots «tapis»,«Kirakos», «comme souvenir» et «Hripsimé» sont très compréhensibles; le reste n'est pas du tout évident.  Le tapis est certainement arménien et date du XVIIe siècle ou des premières années du XVIIIe.  La location actuelle de ce tapis est inconnue.

[12]  Voir supra note 2.  Kurdian, op.cit., p.67, publie l'inscription.  Ce tapis fut exposé dans «Weavers, Merchants and Kings», et porte le n° 3 dans le catalogue.  En parlant de la date, Eiland dit, p. 72, «The date is not so straightforward as one would hope.»   Elle est, en fait, claire et conforme à la formule habituelle de la datation arménienne.  Seule la dernière lettre est difficile à déchiffrer, mais les possibilités se limitent aux nombres allant d'un à neuf, pour donner une variation entre 1141 (=1693) et 1149 (=1700); personnellement, je lis 1148 (=1699).

[13]  Dans la collection A. et E. Keshishian, Weavers, Merchants and Kings, n°59, p. 184-5, avec l'inscription très nette : «J. Alex Campbell L. L. D. M. P.  Orphanage Aintab Asia Minor»; un autre exemplaire d'Aintab est publié dans Hali, vol. II, n°1 (1979), p. 84.

[14] Dans la collection Paul Bedoukian, Weavers, n° 60, p. 186-7, un superbe tapis en soie avec l'inscription : «The Orphans of Agin - 1898», et, en arménien, pas exactement ce que dit le catalogue, mais plutôt «Les orphelins d'Akn.  98, 16 juin».  Au centre, au-dessus d'une niche de prière, on lit un verset de l'Evangile en anglais.

[15] La collection Haig et Rima Kurdian, Weavers, n° 8, p.82-3.  Le catalogue n'a pas indiqué qu'il y avait une date, et le nom n'est pas évident, mais il y a apparemment le verbe «fabriquer».

[16] Dans la collection Berg Garabedian, Weavers, n° 68, p.202-3, probablement la copie en soie d'un tapis de type Indo-Hérat du XVIIe siècle, selon Eiland.

[17] Armenian Rugs from the Gregorian Collection, n° 103, p.192-3, la dernière partie de l'inscription n'est pas tout à fait claire.

[18]  Il s'agit d'un tapis du Karabagh de la collection A. H. Zakharyan, Weavers, n° 46, p. 158-9; il y a ici des fautes d'orthographe comme on en trouve souvent dans les inscriptions.  Le nom Arhan (et pas Artan tel qu'il est donné dans le catalogue) est clair.

[19] Armenian Rugs, n° 9, p. 28-9, les djedjim sont brodés et tissés; cet exemplaire est en soie.  Il y a encore une fois des fautes d'orthographe mais aussi l'emploi du dialecte, «kordzvela» pour «kordzvts'av».

[20] Probablement pour un certain Hovhannès Kirakossian; voir le dos de la couverture de Symposium. Genève 1988.

[21] Weavers, p.52-3, fig. 53, mais la discussion dans Armenian Rugs from the Gregorian Collection, n°104, p.194, est plus plausible.

[22] Collection James M. Keshishian, Weavers, n°57, p.180-1 : « Mariage / Sult'an / 1873».

[23] Illustré sur la couverture de Symposium. Genève 1988.

[24] Une très longue inscription, bien écrite dans un carré au centre du champ, dit qu'il était donné comme souvenir par Aghabek, sa femme et ses deux fils; collection Elsie Nazarian, Weavers, n° 66, p.198-9.

[25] Un tapis du Karabagh de la collection Harold Bedoukian, Weavers, n° 14, p. 94-5, donné par Zanazan Avakian.

[26]  Dans la collection James M. Keshishian, Weavers, n°61, p.188-9, donné en souvenir de Nazeli, femme de Sultan Khan Vartanian.

[27] Kurdian, ibid., p. 68, a publié l'inscription en arménien ainsi qu'une reproduction, fig.4.

[28] Alex and Marie Manoogian Museum (titres et textes en arménien et anglais), Etchmiadzine : Erébouni, 1984 (sans pagination), et Treasures of Etchmiadzin (titres et textes en arménien, russe et anglais), Etchmiadzine : Erébouni, 1984 (sans pagination).

[29] Il y en a trois autres : un de 1888 dans la collection Hagop Avakian, Symposium. Genève 1988, op. cit. p. [7], un de 1896 dans la collection Lemyel Amirian, Weavers, Merchants and Kings, n°.33, p.132-3; un autre de la même date, 1896, dans la collection James M. Keshishian, Weavers, no. 34, p.134-5.

[30] Seul celui de 1661(?) est une exception.  Un autre tapis figure sur la couverture de Symposium. Genève 1988, op. cit.; il porte la date 1041 (=1592) en lettres arméniennes avec t'vin, mais le tapis est une reproduction moderne d'un tapis ancien, voir supra dans le texte.

[31] J'insiste sur "occidentaux" parce que les tapis iraniens ou turcs utilisent des chiffres arabes.  Dans les rares cas où ceux-ci sont employés dans les inscriptions arméniennes, ils sont accompagnés par des chiffres européens, voir fig. 87, daté de 1928; il y en a deux autres de 1911 et 1913 dans la collection Gregorian, voir Armenian Rugs from the Gregorian Collection, op. cit., n° 12 et 13.

[32] Bien sûr, encore une fois, il ne s'agit que des 170 tapis publiés dans Weavers, Merchants and Kings, Armenian Rugs from the Gregorian Collection, Symposium. Genève 1988, et dans le livre de H. Kurdian, tous déjà cités.  N'ayant pu consulter l'article de G. O'Bannon, «A Group of Rugs Attributed to Shusha», Oriental Rug Review, juillet 1983, p.2-5, où un tapis de 1806 est présenté, il m'est impossible de dire si c'est ami ou t'vin qui a été employé..

[33] Le n° 99 de la collection Gregorian, daté de 1927 avec ami, est une anomalie ou plus probablement un archaïsme voulu, Armenian Rugs from the Gregorian Collection., p.184-5.

[34] Dans son essai "Handwoven Rugs of the Armenians", Weavers, Merchants and Kings, p. 51-60, et notamment p. 52, Eiland dit : «But why must we require that Armenian rugs be inscribed before we accept their identity?  It should be noted that this has not been necessary for any other type of oriental rug.»

[35] Comme je l'ai expliqué plus haut, ces tapis du XVIe-XVIII e siècle sont déjà considérés par une bonne partie des experts comme ayant été fabriqués par des Arméniens, voir les notes n° 1 et 4 supra.


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