LES
ARMENIENS ET LE CINEMA AMERICAIN
par "Les Arméniens et le cinéma américan,"
Le Cinéma Arménien, Paris: Centre Georges Pompidou,
1993, pp. 104-122.
Dickran Kouymjian
Titulaire de la chaire Haig Berberian d'études arméniennes
California State University, Fresno
On n'a encore jamais tenté d'écrire l'histoire du
cinéma arménien en Amérique. On n'a même
pas défini les termes qui permettraient un examen convenable
de ce qu'on entend par "film arménien". Il faut
donc aborder la question à divers niveaux, dont certains
touchent le concept même de la réalisation de films
arméniens. Si on entend par ce dernier terme ceux dont la
langue est l'arménien, le nombre n'en est pas important :
une demi-douzaine seulement, dûs à quelques metteurs
en scène. Le domaine est sensiblement plus vaste si l'on
prend en compte les films et les documentaires faits par ou au sujet
des Arméniens. Mais là encore nous restons dans un
champ relativement restreint : une vingtaine d'oeuvres. Ce n'est
que lorsque l'on considère les films tournés par des
metteurs en scène d'origine arménienne et qu'on y
ajoute les producteurs, les acteurs, les monteurs et les techniciens
de même origine qu'on peut commencer à parler des "Arméniens
dans le cinéma américain" comme d'un vaste sujet
concernant des centaines de films et des dizaines d'acteurs.
Dans cette brève vue d'ensemble, il est impossible de parler
de tout et il faudra se contenter d'une appréciation générale
sur quelques-uns des films qui seront projetés pendant le
festival du Cinéma arménien. On mettra en particulier
l'accent sur 1) les films en langue arménienne, 2) les metteurs
en scène arméniens.
Le document le plus ancient du type "made in America"
concernant les Arméniens est un précieux film de quinze
minutes tourné en 1919 dans la République arménienne
par le Service des Transmissions de l'armée américaine
pour la commission envoyée là-bas, sous la direction
du général James G. Harbard, par le président
Woodrow Wilson. Harbard était chargé d'étudier
la possibilité pour les Etats-Unis d'assumer le mandat sur
l'Arménie après la première guerre mondiale.
Ce film, conservé dans les archives nationales à Washington,
saisit la République dans la seconde année de son
existence et contient des images émouvantes des dirigeants
arméniens de l'époque. J. Michael Hagopian -- dont
nous aurons l'occasion de reparler -- en utilisa des extraits dans
des documentaires historiques sur la question arménienne
et la vie des Arméniens aux Etats-Unis. Il réalisa
même un court métrage Mandate for Armenia (Mandat pour
l'Arménie) (1988, 30") autour du film de Harbard.
Peu de temps après fut diffusé un film sur le génocide
intitulé Auction of Souls (Ames aux enchères ), film
que je n'ai pas vu. Il fut conçu d'après l'oeuvre
de H. L. Gates, Ravished Armenia (l'Arménie dévastée
) qui racontait l'histoire d'Aurora (Archalouys) Mardiganian, publiée
en 1918 par l'"American Committee for Armenian and Syrian Relief".
Oscar Apfel réalisa le film, sur un scénario de Nora
Waln, produit par William N. Selig. Mardiganian joua son propre
rôle et Irving Cummings fut Antranig, son amant. L'ambassadeur
américain en Turquie, au moment du génocide, Henry
Morgenthau, ainsi que 200 orphelins arméniens y firent une
brève apparition. On projeta ce film en 1919 et 1920 dans
la plupart des grandes villes américaines, ainsi qu'au Mexique,
à Cuba, en Grande-Bretagne et probablement en France. Une
publicité le concernant parut dans les journaux américains
tel que le Los Angeles Examiner daté du 23 juin 1919. La
présentation en fut même prolongée au Clunes
Auditorium. Le film fut tourné sous les auspices du "Committee
for Armenian Relief", organisme humanitaire, qui en avait fait
la publicité puisque des affiches l'annonçant sont
parvenues jusqu'à nous. Pour autant que je sache, il n'en
existe pas de copie.
Un autre film de l'époque -- probablement
tourné à New York en 1922 ou 1923 -- portait le titre
de Harem Master (Le maître du harem). Il est censé
décrire la vie du général Antranig, et on pensa
que ce titre un peu saisissant aiderait à sa diffusion. Sétrag
Vartian -- je parlerai de ses films plus loin -- faisait partie
de la distribution. Selon lui, il avait été fait par
un certain Baghdassarian.
On présume que plus d'un documentaire d'amateur fut produit
en Amérique pendant cette période. L'un d'entre eux
a fait récemment surface. Tourné en 1924 par Vahan
Altchian, il a pour sujet le général Antranig alors
qu'il vivait à Fresno, en Californie. On peut en trouver
des copies à Erévan et à Paris. Les archives
cinématographiques du Programme des études arméniennes
de l'Université d'Etat de Californie à Fresno possèdent
trois de ces bandes, totalisant trente minutes en tout, datant de
1929-1931, et montrant des pique-niques sur la côte est des
Etats-Unis, dont l'un organisé par le parti hentchak, où
l'on peut voir des personnalités politiques et religieuses
arméniennes de l'époque.
Le premier à faire des films en langue arménienne
dans ce pays fut Sétrag Vartian (Diyarbekir 1904-Los Angeles
1984). Ses deux films et son documentaire furent tous les trois
tournés en à la fin des années 30 et au début
des années 40. Il avait commencé sa carrière
dans le théâtre arménien aux Etats-Unis, faisant
des tournées comme acteur et chanteur dans la fameuse comédie
musicale Archin mal alan à la fin des années 20 et
au début des années 30. Il monta une société
de production à New York et dans le New Jersey et, en 1937,
presque seul, il produisit, mit en scène et joua le rôle
principal de ce premier long métrage. Aujourd'hui encore,
Archin mal alan, avec son décor 1900, sa vitalité
et sa grosse farce, continue à enchanter le public. Cette
comédie de moeurs, écrite à l'origine en azerbaïdjanais
et traduite par Malalian, connaît toujours un franc succès
en Arménie.
L'histoire est celle d'un jeune bourgeois occidentalisé,
qui, pour se trouver une fiancée, se déguise en marchand
de vêtements ambulant de façon à pouvoir entrer
chez les dames. En dépit de quelques imperfections techniques,
le film a la même spontanéité et la même
fraîcheur que la pièce. Vartian s'installa en Californie
avant de réaliser ses deux autres films pendant les années
40. Le premier fut un long métrage, l'opéra Anouche
d'Armen Tigranian (1945), avec Zarouhi Elmassian, sa femme, dans
le rôle de Saro. Son dernier film fut un documentaire dramatique:
The Life and Songs of Gomidas Vartabed (la vie et les chants de
Gomidas) (1946). Dans les années 70, il alla à Erévan
avec l'intention de faire une co-production de Kikor de Hovhannès
Toumanian suivant un scénario très élaboré,
mais le projet n'eut pas de suite. Un quart de siècle devait
s'écouler avant qu'une nouvelle série de films en
arménien ne vît le jour aux Etats-Unis.
Pendant toute la période qui va de la fin des années
20 à la fin des années 50, un nom domina l'imagination
des Arméniens : Rouben Mamoulian (Tiflis 1897-Los Angeles
1987). Né dans une famille de la bonne société,
très adonnée aux arts, il subit au début de
son adolescence l'attrait de la scène. Finalement, il alla
étudier le droit à Moscou, mais il travailla simultanément
au théâtre avec des maîtres comme l'Arménien
Vakhtangov et le légendaire Stanislavski. En 1922, il devint
vite célèbre à Londres en se produisant au
St James Theatre, et l'année suivante, après avoir
refusé une offre du Théâtre des Champs-Elysées
à Paris, il se rendit à Rochester, dans l'Etat de
New York, où George Eastman, le fondateur de Kodak, avait
formé le nouvel "American Opera Theatre". Là,
pendant trois ans, il mit en scène des opéras de Verdi,
Bizet, Wagner, Debussy, et Gilbert et Sullivan. Puis il alla à
Broadway où il devint l'un des metteurs en scène les
plus recherchés de la scène américaine. En
1929, le Paramount l'invita à visiter ses studios Astoria
de New York à l'occasion du tournage d'un film. En cette
même année, il fit son premier film, Applause (Applaudissements),
qui reste l'un des grands classiques de la première année
du parlant. Sa direction de Helen Morgan et son instinct caractéristique
du mouvement et du rythme prouvèrent à tous que Mamoulian
faisait très aisément la transition de la scène
à l'écran, mais qu'il était aussi un grand
créateur et innovateur.
Durant les quatorze années qui suivirent,
il mit en scène -- et parfois produisit -- quatorze films
dont la plupart figurent parmi les grands classiques de Hollywood.
Son ingéniosité et son audace, son intelligence et
son raffinement cosmopolite apportèrent au cinéma
américain une dimension dont il avait grand besoin. Ses deux
derniers films furent tournés après la Deuxième
Guerre mondiale : Summer Holiday (Belle jeunesse ) (1947) et Silk
Stockings (la Belle de Moscou ) (1957). Dans sa carrière,il
dirigea les plus grands acteurs de l'époque: Fredric March,
Greta Garbo, Helen Morgan, Miriam Hopkins, Gary Cooper, Marlène
Dietrich, Maurice Chevalier, Randolph Scott, Irene Dunne, Anthony
Quinn, John Carradine, Henry Fonda, Fred Astaire, Mickey Rooney,
Walter Huston, James Cagney, Barbara Stanwyck et d'autres, dans
des films aussi divers que Doctor Jekyll and Mister Hyde (1931),
(1932), Queen Christina (La reine Christine ) (1933), The Mark of
Zorro (Le signe de Zorro ) (1940), Becky Sharp (1935) et Song of
Songs (Le Cantique des Cantiques ) (1933),
Mamoulian travaillait en même temps à Broadway où
il montait quelques-unes des comédies musicales américaines
les plus célèbres: Porgy and Bess (1935), Oklahoma
(1943), Carousel (1945). Au cours des trente dernières années,
il s'attela également à divers projets théâtraux
(Hamlet, 1966) et écrivit beaucoup. Son oeuvre dans le cinéma
et le théâtre américains est considérée
depuis longtemps comme "classique" et une trentaine de
festivals Rouben Mamoulian ont déjà eu lieu dans le
monde, dont trois à Paris.
Comme exemple d'innovation, on peut citer Becky Sharp (1935), le
premier film à employer le technicolor -- qui venait d'être
inventé -- d'une façon dramatique. Là, la couleur
ne sert pas seulement à embellir l'image mais elle est également
utilisée dans un sens symbolique. Sur cet emploi symbolique,
Mamoulian s'est exprimé dans plusieurs articles. Ainsi, dans
la grande scène du bal, les couleurs claires originales tournent
au vert et au bleu puis, dans une modification dramatique, passent
à un rouge s'intensifiant à mesure que la menace des
canons de Napoléon se rapproche de la salle de bal. Becky
Sharp est tiré d'un des chefs d'oeuvre de la littérature
anglaise,Vanity Fair (La foire aux vanités ) de William Thackeray.
C'est l'un des rares films qui parvienne à rendre l'essence
d'un grand roman. Miriam Hopkins, l'étoile de Dr. Jekyll
and Mr. Hyde, est magistralement dirigée par Mamoulian, lequel
fait preuve de ce génie qui le caractérise quand il
s'agit de tirer le maximum d'une grande actrice. Outre l'innovation
dans l'emploi de la couleur, le film porte son habituelle marque
de rythme et d'élégance. Jacques Siclier a bien souligné
dans Le Monde (9 décembre 1987) ces qualités dans
son hommage intitulé "La mort de Rouben Mamoulian, directeur
de vedettes".
L'écrivain américain d'origine arménienne,
William Saroyan, admira Mamoulian et se lia d'amitié avec
lui quand il travailla à Hollywood en 1936 et de nouveau
en 1942. C'est en 1942 que Saroyan fit un film -- dans de bizarres
circonstances -- aux studios de la MGM. En décembre 1941,
Louis B. Mayer le fit venir de Broadway à Hollywood afin
qu'il écrivît un scénario susceptible d'inspirer
au public américain l'élan patriotique qu'exigeait
la guerre dans laquelle on venait d'entrer. Ce fut The Human Comedy
(La comédie humaine) (1943, 118") qui devait par la
suite être son premier roman. Saroyan tenait à diriger
le tournage pour éviter que n'arrive à son film ce
qui était arrivé à ses pièces mises
en scène par de soi-disant professionnels incapables de percevoir
ses intentions profondes. Lorsque Louis Mayer lui demanda s'il avait
déjà fait un film, Saroyan répliqua: «Non,
mais donnez-moi trois jours et je vous apporte un film de professionnel.»
Mayer accepta pour éviter de le mécontenter, et trois
jours plus tard, Saroyan revint avec The Good Job (Le bon métier),
un court métrage (11") tiré de sa nouvelle A
Number of Poor (Quelques pauvres), film qui fut diffusé par
la MGM en 1942. On ne le laissa cependant pas réaliser The
Human Comedy qui avait Mickey Rooney pour vedette et Clarence Brown
comme metteur en scène, et qui connut un succès immédiat.
Furieux, l'écrivain quitta la MGM et essaya de racheter pour
$80 000 son scénario. (Mayer lui avait donné $60 000
pour son travail.) Dans sa colère, Saroyan transforma ce
scénario en un roman qui fut publié juste avant que
le film ne paraisse. Il écrivit également une pièce
très acide contre Louis Mayer, Get away Old Man (Va-t-en,
vieil homme!) qui fut jouée à Broadway en 1943. Et,
en cette même année, Saroyan remporta l' Oscar du meilleur
scénario pour The Human Comedy .
En 1948, James Cagney et son frère produisirent
un long métrage (109") réalisé par H.C.
Potter d'après la pièce de théâtreThe
Time of Your Life (Le temps de votre vie) qui avait valu à
Saroyan le prix Pulitzer en 1939. Outre ces trois films, il y en
eut trois autres, très courts, basés sur ses nouvelles
: The Barber Whose Uncle Had His Head Bit off by a Circus Lion (Le
coiffeur dont l'oncle eut la tête mordue par un lion de cirque)
(1984, 16"), The Coldest Winter Since 1854 (L'hiver le plus
froid depuis 1854) (1987, 31") réalisés tous
les deux par Valery Melkonian aux studios ArmenFilm à Erévan,
le dernier avec des dialogues en anglais. C'est son neveu Hank Saroyan
qui vient d'achever le troisième, The Parsley Garden (Le
jardin de persil) (1993, 30"). Il y a aussi une quinzaine de
productions de télévision réalisées
d'après diverses pièces et nouvelles de Saroyan, dont
six furent supervisées par l'auteur lui-même en 1953
pour la célèbre émission Omnibus d'Allistar
Cooke. Le photographe Paul Kalinian, de Fresno, a fait deux films
sur Saroyan, William Saroyan: An Introduction (1982, 25"),
un montage de photos anciennes, avec une narration par Saroyan,
et William Saroyan: The Man, the Writer (William Saroyan : l'homme,
l'écrivain) (1991, 63").
Mamoulian mis à part, ce n'est que bien après la Deuxième
Guerre mondiale que les Arméniens apparurent dans la mise
en scène. Dans les années 60, deux d'entre eux, Aram
Avakian (New York, 1926-1987) et Richard Sarafian (New York, 1927-),
furent considérés comme d'importants metteurs en scène
à Hollywood et New York. Avakian, après ses études
à Yale University et à la Sorbonne, commença
avec des documentaires comme Jazz on a Summer Day (Jazz, un jour
d'été) (1959, 84"), premier documentaire de long
métrage sur un festival de jazz, puis il fit : Girl of the
Night (Fille de la nuit) (1960, co-réalisateur), où
les nouvelles techniques "freeze-frames" et "jump-cut"
furent utilisées avec brio, Lad, a dog (Lad, un chien) (1963,
100"); End of the Road (Le bout de la route) (1970, 110");
Cops and Robbers (Gendarmes et Voleurs) (1973, 89") avec Stacey
Keach, son film le plus controversé et le plus drôle,
nous montrant deux policiers new-yorkais qui s'engagent dans la
voie du crime et s'en tirent (présenté à Paris
en août 1983 à l'Olympic); et enfin 11 Harrow House
(1974, 95") avec Candice Bergen, James Mason, John Gielgud,
et Charles Grodin. Avakian fut également apprécié
comme monteur, et, de 1983 à 1986, il fut professeur d'art
cinématographique au "College of Arts" de Purchase,
New York.
Le film le plus connu de Richard Sarafian est probablement Vanishing
Point (La disparition) (1971, 99" et 107") avec Barry
Newman et Charlotte Rampling, illustrant certes la poursuite la
plus compliquée de tous les temps, mais surtout le voyage
allégorique de «l'étranger», du «marginal»
du XX siècle. Très lié à Robert Altman
au Kansas, il en épousa la soeur. Ses autres films sont:
Ordeal at Dry Red (Supplice à Dry Red) (1957), le western
Terror at Black Falls (Terreur à Black Falls) (1962, 76");
Andy (1963, 86") qui eut du succès à Cannes,
I Spy J'espionne) (série d'émissions télévisées,
de 1963 à 1968, avec Bill Cosby), Run Wild, Run Free (Cours
et sauve-toi) (1969, 100"); Fragment of Fear (Un peu d'effroi)
(1970) avec David Hemmings, Man in the Wilderness (L'homme dans
le désert) (1971, 105") avec Richard Harris et John
Huston; Lolly Madona XXX (1973, 103"), avec Rod Steiger, donné
aussi à l'Olympic, en août 1983, The Man Who Loved
Cat Dancing (Celui qui aimait une fille nommée Cat Dancing)
(1973, 114") avec Burt Reynolds, Sarah Miles et Lee J. Cobb,
The Next man (Le suivant) (1976, 108"), avec Sean Connery,
Sunburn (Le hâle) (1979, 94"), avec Farah Fawcet, The
Gangster Wars (Les guerres de gangsters) (1981, 121"), Eye
of the Tiger (L'oeil du tigre) (1986, 90"), Liberty (1986,
pour la télévision), sur le centenaire de la statue
de la Liberté, et Street Justice (Justice de rues) (1987,
93").
C'est en 1964 que le premier film d'après-guerre en arménien
fut tourné à Hollywood par Marzpetouni. A Debt of
Blood (La dette de sang) avait comme vedettes Lillit Marzpetoumi
et Sarky Mouradian, et son but était de se procurer des fonds,
par une entreprise commerciale, afin de financer un film sur le
génocide, en particulier sur les événements
de Karahissar, sous le titre Their Forgotten Cry (Leur cri oublié).
La mort prématurée de Marzpetouni laissa le scénario
inachevé.
A peu près au même moment, J. Michael
Hagopian (Van 1913-), après avoir obtenu de Harvard son doctorat
en relations internationales, se tourna vers le cinéma en
fondant l'"Atlantis Films Company". Il réalisa
plus de 50 films documentaires sur des minorités ethniques
et des pays étrangers comme Ali and His Baby Camel (1953),
Asian Earth (Terre d'Asie) (1954, 22"), Jerusalem, Center of
Many Worlds (Jérusalem, centre de divers mondes) (1969),
Africa Is My Home (L'Afrique est mon pays) (1978, 21"), Century
of Silence (Le siècle du silence)(1978) sur les Indiens d'Amérique.
Il commença à faire des documentaires arméniens
avec Historical Armenia (L'Arménie historique) (1967), Where
are My People? (Où sont les miens?) et Soviet Boy (Le jeune
soviétique) mais, en fait, c'est le film réalisé
en 1975 pour le soixantième anniversaire du génocide
qui impressionna les spectateurs, un peu partout dans le monde.
Le film a deux versions: une courte, The Forgotten Genocide (Un
génocide oublié) (1975, 28"), et une plus longue,
The Armenian Case (La cause arménienne) (1976, 43"),
tous deux commentés par Michael Connors (Ohanian), que des
millions de téléspectateurs connaissent sous le nom
de Mannix. Les réseaux américains de télévision
diffusèrent ces deux films. Hagopian, réalisa un important
documentaire, Strangers in a Promised Land (Etrangers en terre promise)
(1984, 65"), qui retrace l'histoire de la typique communauté
arméno-américaine de Fresno, en Californie, pays de
Saroyan et de bien d'autres, entre 1881 et 1981. Le commentateur
en est l'ancien gouverneur arménien de l'Etat de Californie,
George Deukmejian. Cette oeuvre reçut un accueil enthousiaste.
Elle vise à montrer en termes très positifs les réalisations
des Arméniens en dépit du génocide, des persécutions
et de la discrimination américaine. Hagopian est également
le fondateur de l'"Armenian Film Foundation" qui finança
le film et mena une vaste campagne (parmi d'autres groupes) d'enregistrement
sur vidéocassette des témoignages des survivants du
génocide. D'autres films parrainés par l'AFF comprennent
: Legacy (Héritage) (1987, 43") sur l'importance des
films relatant l'histoire de l'Arménie, Cilicia, Rebirth
(Cilicie, Renaissance) (1988, 26"), Ararat Beckons (L'Ararat
fait signe) (1990, 48") sur la première ascension du
Mont Ararat, et The Armenian Genocide (Le génocide arménien)
(1991, 25") conçu pour les écoles publiques californiennes,
qui fut violemment attaquée par le "lobby" turco-américain,
et dont la distribution fut arrêtée. L'"Armenian
Film Foundation" organise également des festivals du
film arménien à Los Angeles.
En 1970, Sarky Mouradian commença une série de films
en arménien qui connurent un succès populaire mais
dont la valeur cinématographique est discutable; ils furent
largement critiqués par les cinéphiles. Il s'agit
de Tears of Happiness (Larmes de joie), Sons of Sassoun (Fils de
Sassoun) (1976-77) et Promise of Love (Promesse d'amour) (1978).
Le dernier film de Mouradian, The Forty Days of Musa Dagh (Les quarante
jours de Moussa Dagh) (1982), fut produit par John Kurkjian qui
en acheta les droits. En dépit d'une grande publicité,
ce film en anglais est un échec du point de vue artistique.
A ma connaissance, il ne fut projeté que dans les milieux
arméniens. Ce n'est pas seulement la médiocrité
de sa conception qui est regrettable mais le fait qu'on ait gâché
là une valeur arménienne essentielle. Quand essaiera-t-on
de nouveau de faire un film d'après le roman de Franz Werfel?
Henri Verneuil a probablement eu raison de dire que ce livre ne
se prêtait pas à une réalisation cinématographique?
Peut-être, il nous aurait fallu un Mamoulian puisque, d'un
livre autrement difficile -- Vanity Fair -- celui-ci a su tirer
le brillant Becky Sharp. On dit qu'il avait proposé à
Mouradian et Kurkjian de les aider bénévolement à
réaliser Les quarante jours de Moussa Dagh, (entreprise au
sujet de laquelle il était renseigné puisqu'à
l'origine, en 1935, la MGM en avait acheté les droits et
que c'était lui qui devait en assurer la mise en scène)
mais on lui répondit poliment qu'on n'avait pas besoin de
ses services.
A la même catégorie de films appartient
celui de Hrayr Toukhanian Assignment Berlin (Mission à Berlin
) (1982), qui raconte en anglais l'histoire de l'assassinat de Talaat
pacha et le procès de Soghomon Tehlirian. Avant ce film,
Toukhanian avait fait des documentaires pour des entreprises, mais
il n'était manifestement pas à même de fournir
des oeuvres de qualité. Une fois de plus, malgré la
présence d'acteurs professionnels connus, ce film ne convient
pas à un public averti. Il connut cependant le même
succès que les Quarante jours de Moussa Dagh parce qu'il
fait appel aux imaginations populaires. Là encore un grand
potentiel a été gâché. Qui refera un
film sur ce sujet dans un proche avenir?
A la fin des années 80, de plus jeunes réalisateurs
conçurent de très bons films sur le Génocide
et ses conséquences. Le meilleur d'entre eux est Theodore
Boghosian de Boston qui acquit une excellente réputation
à la télévision publique avant de produire
et réaliser An Armenian Journey (Un voyage arménien)
(1988, 60"). Le personnage principal est une rescapée
du Génocide, Miriam Davis. Boghossian l'accompagne alors
qu'elle retourne à son lieu de naissance, en Turquie, et
dans les lieux où elle a vu successivement mourir son père,
sa mère et son frère. Back to Ararat (Retour à
l'Ararat) (1988, 100") par le Suédois PeÅ Holmquist
est également un documentaire émouvant, produit par
une compagnie suédo-américaine, avec une distribution
américaine.
Parmi ceux qui font des documentaires sur le Génocide et
les problèmes actuels de l'Arménie, on citera Eva
Medzorian qui a réalisé Nagorno-Karabagh: A Quest
for Human Rights (Nagorno-Karabagh: à la quête des
droits de l'homme) (1992, 26"), et , Armenian Struggle for
Survival, Refugees (Des Arméniens luttent pour leur survie
: les réfugiés) (1993, 16") avec la collaboration
du metteur en scène Zhirayr Agavelyan, Thomas A. Ohanian,
The Armenian Genocide 1894-1896, 1915-1919 (1982, 60"), Razmik
Grigorian de Grande-Bretagne qui remporta en 1984 le premier prix
au concours de l'"Armenian Film Foundation" avec Missing
One (Le disparu) (1984, 23"), histoire d'un soldat anglais
témoin du Génocide, Harpik Avedian, Armenian Genocide
(1987). On notera également Everyone's Not Here: Families
of the Armenian Genocide (Il y a des absents : familles du Génocide
arménien) (1988, 29"), réalisé pour l'"Armenian
Assembly of America" par "Intersection Associates",
qui discute de la relation entre les rescapés et leurs petits-enfants
américanisés, et Bread from Stones: Armenia after
the Earthquake (Pain de pierre : l'Arménie après le
tremblement de terre) (1990, 25") par "Moving Images"
de Seattle.
Les metteurs en scène que nous avons cités constituent
une liste qui est loin d'être exhaustive. On mentionnera aussi
les films de Bob Kelljan (1930-1982) Count Yorga, Vampire (1970,
91"), The Return of Count Yorga ( Le retour du comte Yorga)
(1971), et Scream Blacula, Scream (Crie, Blacula, Crie!) (1973,
96"), Angels in Vegas (1978). Kelljan était également
connu pour son travail à la télévision.
Si on espère voir des films de qualité produits ou
réalisés par des Arméniens en Amérique,
c'est vers la nouvelle génération que l'attention
doit se tourner, génération ayant fait des études
cinématographiques poussées dans les meilleures universités
américaines. Parmi les producteurs, les plus célèbres
on note Howard Kazanjian avec The Return of the Jedi (Le retour
du Jedi) et Bob Papazian avec The Day After (Le lendemain) réalisé
pour la télévision. Ces deux films connurent un grand
succès en France sur petit et grand écrans. Les metteurs
en scène les plus prometteurs, n'ont pas atteint la quarantaine,
voire la trentaine. Nigol Bezjian (1955-), originaire d'Alep, mais
dont la formation cinématographique s'est faite dans les
universités de New York et de Los Angeles, est le premier
qui ait parlé de la violence politique arménienne
dans The Hour of the Grey Horse (L'heure du cheval gris) (1984,
54") qui remporta cette même année un prix dans
la compétiiton organisée sous les auspices de l'"Armenian
Film Foundation". Il s'agit de l'histoire d'un jeune militant
qui abat un diplomate turc. Ses films précédents ,
A Rock, a Rope and a Tree (Un roc, une corde et un arbre) (1980,
25"), Cycle Carmen (1981, 27), Hangman (Bourreau) (1982, 9")
et Billy's Night (La nuit de Billy) (1986, 18") sont de courts
métrages qui traitent de l'amour sur un ton dramatique. Son
dernier film, le plus ambitieux, est un long métrage bilingue,Chickpeas
(Pois chiches) (1992, 120"), en arménien et anglais.
Ce sont les aventures de trois jeunes immigrés arméniens
qui ont quitté une diaspora (Beyrouth) pour un autre (Los
Angeles). Joue également dans ce film Arsiné Khanjian,
l'actrice mascotte du réalisateur arméno-canadien,
Atom Egoyan. En dépit de la modicité de son budget,
Chickpeas a été chaleureusement accueilli dans le
circuit des festivals. Bezjian est le chef de file de la nouvelle
vague des jeune realisateurs arméno-américains, dont
la plupart résident à Los Angeles. Il a également
apporté son aide à la production des documentaires
d'Artinian et de Madzounian cités plus loin. Sa femme, Roxanne
Bezjian (Los Angeles 1961-), forte de son expérience à
la télévision, vient de terminer l'excellent documentaire,
Charles Garry, Street Fighter in the Courtroom, (Charles Garry,
Un combattant de rue dans la salle de tribunal) (1992, 60")
où elle rend hommage à l'avocat Charles Garry (Garabedian,
1910-1992), qui, au nom des droits de l'homme, prit toujours la
défense des cas difficiles dont personne n'osait ou ne voulait
s'occuper.
D'autres jeunes réalisateurs arméniens
travaillent également à Los Angeles. Bill Ohannessian,
dont le montage de Strangers in a Promised Land de Hagopian, a contribué
à en faire un film au-dessus de la moyenne, a aussi expérimenté
de nouvelles techniques. Ses Shaved Legs (Jambes rasées)
(1981) a été projeté au premier Festival du
Film Arménien à Los Angeles en 1982, mais le cinéaste
ne fait actuellement que des montages de films. Tina Bastajian (Los
Angeles 1962-) a fait deux très courts films expérimentaux,
Oyster Bar (Comptoir d'huîtres) (1984, 6") avec des dialogues
en français et anglais, et Yellow Aria (Aria jaune) (1986,
13") en anglais et italien. Pendant plusieurs années,
elle a travaillé sur un film bilingue, arménien-anglais,
ayant trait à la mémoire, aux déplacements
forcés, à la survie, aux femmes, et intitulé
Jagadakeer-Destiny : What Is Written on One's Forehead (Jagadakir-destin
: Ce qui est écrit sur son front ) (1989-93, 30"). Sylvette
Artinian, qui a completé ses études à UCLA,
fait des montages de films vidéo; pour sa fiction Waiting
for Mary (En attendant Marie) (1989, 20"), Nigol Bezjian fut
son réalisateur adjoint et Ara Madzounian son cameraman adjoint.
Ce dernier a réalisé un certain nombre de films :
The Dull Blade (La lame émoussée) (1985), This Time
(Cette fois) (1986) en vidéo, The Pink Elephant (L'éléphant
rose) (1987), tourné par Nigol Bezjian, et enfin, avec la
collaboration de la télévision tchèque, un
documentaire sur l'Arménie intitulé Land of Open Graves
(Terre de tombes ouvertes) (1990). Il travaille actuellement sur
un court film pédogogique ayant pour sujet les Arméniens
et le SIDA. On peut également mentionner Melvie Arslanian
qui fit dans les années 80 un film expérimental Stiletto,
de quarante-cinq minutes, ainsi que Deran Sarafian, le fils de Richard
Sarafian, qui réalisa une série de films d'épouvante
-- Alien Predators (Rapaces extra-terrrestres) (1986, 92"),
Death Warrant (Arrêt de mort) (1990, 89"), To Die For
(Mourir pour) (1989, 94") -- et plus récemment un film
d'espionnage tourné à Moscou.
La comédienne Nora Armani, née au Caire, joue également
un rôle important sur la scène cinématographique
arménienne de Los Angeles. C'est la première actrice
américaine à jouer dans un film en arménien
-- Zhamgedeh yot or (Date limite : sept jours ) (1992, 98")
d'Ara Ernjakian d'Erévan -- en outre, elle est la distributrice
officielle d'ArmenFilm aux Etats-Unis par l'entremise de sa propre
compagnie Meronk Films. Avec son mari, le comédien Gérard
Papazian, elle a créé et mis en scène Sojourn
to Ararat (Séjour à l'Ararat), une présentation
dramatique de la littérature arménienne à travers
les âges.
On connaît peu, dans les cercles arméniens, le documentariste
Gary Conklin (Chankalian), (Fresno 1932-), qui s'intéresse
aux artistes, aux écrivains, aux intellectuels. Ses films
les plus connus sont : Paul Bowles in Morocco (Paul Bowles au Maroc)
(1970, 57") sur le compositeur et l'auteur américain;
Rufino Tamayo: The Sources of His Art (Rufino Tamayo : les sources
de son art) (1972, 28") ayant pour narrateur Octavio Paz et
John Huston, et la musique de Carlos Chávez; Memories of
Berlin: The Twilight of Weimar Culture (Souvenirs de Berlin : le
crépuscule de la culture de Weimar) (1976, 72"), coproduction
avec le "Canadian Broadcasting Corporation"; L.A. Suggested
by the Art of Edward Ruscha (Los Angeles suggeré par l'art
d'Edward Ruscha) (1980, 28"); Gore Vidal: The Man Who Said
No (Gore Vidal : l'homme qui a dit non) (1983, 99"), long métrage
sur la campagne électorale de l'écrivain-critique
pour obtenir le siège de sénateur de Californie; Notes
from "Under the Volcano" (Notes sur "Sous le volcan")
(1984, 59") concernant le tournage du film de John Huston,
Under the Volcano; et plus récemment, A Question of Class:
English Literary Life 1918-1945 (Une question de classe : la vie
littéraire anglaise de 1918 à 1945) (1992,100").
Conklin fait actuellement des recherches pour réaliser un
documentaire sur William Saroyan; d'autre part, il travaille sur
un film ayant pour sujet la vie sociale à Hollywood.
Parmi les autres documentaristes, Alex Keshishian,
avec son Truth or Dare or In Bed with Madonna (Vérité
ou audace ou Au lit avec Madonna) (1991, 118") s'est fait un
nom, ainsi qu'Ara Chekmajian, récipiendaire d'un "Emmy",
qui réalisa un beau film biographique Forever James Dean
(1988, 69"). Moins satisfaisant est le Dr. Caligari (1989,
80") de Stephan Sayadian, une lourde parodie du grand classique.
Toujours du continent américain, on doit rappeler le nom
du Canadien Atom Egoyan (Le Caire 1960-), considéré
comme le plus talentueux de la nouvelle vague de l'Ontario. Le Festival
de La Rochelle lui rendit hommage l'année dernière,
ainsi que la Cinémathèque du Centre Pompidou et la
Galerie nationale du Jeu de Paume, cette année. Attiré
par les idées de Marshall McLuhan, il est spécialement
préoccupé par les images, celle de la télévision
et de la vidéo en particulier, dans la plupart de ses films
: de Family Viewing (Prises de vue en famille) (1986, 86")
à The Adjuster (L'ajusteur) (1991, 102"), succès
plus commercial, qui remporta le premier prix au festival de Moscou
en 1991. Ses autres films sont Next of Kin (Le plus proche parent)
(1984, 74"), La boîte à soleil (1988, 92"),
Speaking Parts (1988, 92"), et Montréal vu par...(1990).
On retrouve l'actrice Arsiné Khanjian dans la majorité
de ses films. Egoyan vient de terminer sa première coproduction
avec l'ArmenFilm d'Erévan, intitulée Oratzouytz (Calendrier),
et il est en train d'achever Gross Misconduct (Grossière
inconduite) sur le joueur de hockey, Brian Spencer. La sortie de
ces deux films est prévue pour cette année.
Dans une toute autre catégorie se situe Eric Bogosian de
New York. Brillant acteur satirique, son Talk Radio (Causeries radiodiffusées)
(Universal, 1989, 110") réalisé avec Oliver Stone,
est un tour de force d'interprétation et un commentaire cinglant
sur le sectarisme américain. Son "one man show"
dans un théâtre "off Broadway", qui a été
filmé sous le titre Sex, Drugs, and Rock 'n Roll (1991, 100"),
est tout aussi saisissant dans son intensité. Une autre forte
personnalité est Cher Sarkissian (1946-). Après une
carrière fort réussie de chanteuse, en compagnie de
son ex-mari Sonny, elle commença sérieusement à
faire du cinéma dans Come Back from the Five and Dime, Jimmy
Dean, Jimmy Dean (Reviens du Monoprix, Jimmy Dean, Jimmy Dean) (1982,
110") de Robert Altman. Puis on la vit avec Meryl Streep dans
Silkwood (1984, 128") de Mike Nichols. Elle remporta, au Festival
de Cannes, le prix de la meilleure interprétation féminine
pour son rôle dans Mask (1985) de Peter Bogdanovitch.
La liste des jeunes cinéastes et acteurs arméniens
est loin d'être terminée. On ne citera encore que huit
metteurs en scène choisis l'été dernier par
l'Union générale arménienne de bienfaisance
(UGAB) à New York, qui parraina, le premier "Annual
Celebration of Young Armenian Film Makers" (Hommage rendu aux
jeunes metteurs en scène). Il s'agit de Nigol Bezjian --
dont nous avons déjà parlé plus haut -- le
plus âgé avec ses trente-six ans -- qui présenta
son Chickpeas, de Dikran Yazedian de Montréal avec The Golfer
(Le joueur de golf) et The Tortoise and the Hare (La tortue et le
lièvre), de Nayiri Isahakian de Los Angeles avec The Beer
Boys, de Raffi Ekmedjian de Los Angeles, A Nauseous Nocturne (Nocturne
nauséeux) et Head Shot (Prise de vue d'une tête), de
Mike Tutunjian avec Temperate Habits (Hatitudes modérées)
d'après la nouvelle de James Thurber, The Catbird Seat, de
Zareh Tjeknavorian de New York avec l'experimental Adam and Eve,
d'Albert Khodagholian de Los Angeles, avec The Deep Cry (Le cri
profond), et Sylvette Artinian avec Waiting for Mary (En attendant
Marie).
Ce passage en revue d'Arméniens liés au cinéma
ne mentionne pas -- comment faire autrement? -- des douzaines d'acteurs,
de techniciens, de documentaristes. Plusieurs nouvelles organisations
se sont constituées afin de promouvoir le film arménien.
Espérons que, grâce à elles, nous aurons plus
fréquemment des festivals et des projections d'oeuvres arméniennes.
Nous ne pourrons certainement pas assez redire l'effet salutaire
qu'aura la Rétrospective du cinéma arménien
au Centre Pompidou sur les activités futures. Ajoutons, enfin,
qu'un centre d'archives cinématographiques est indispensable
si nous voulons consigner correctement l'histoire des Arméniens
dans le domaine du cinéma. Un tel centre nous encouragerait
à étudier un domaine artistique extrêmement
négligé.